VITRUVE

MINIATURES

PRECEDENTE SUIVANTE

Après avoir déterminé la place commune, il faut choisir un lieu pour le théâtre le meilleur emplacement que l’on puisse trouver, là auront lieu les spectacles pour distraire le peuple pendant les fêtes consacrées aux dieux immortels. Pour ne pas se tromper en le disposant il sera bon d’avoir recours à mon livre premier au traité sur les murailles, car en ce lieu les habitants de la ville avec leur femmes et enfants restent par plaisir longtemps attentifs et immobiles, les corps détendu par le plaisir les pores sont dilatés, ils peuvent recevoir les bouffées de vents, qui si ils viennent de régions marécageuses ou malsaines apportent un air malodorant qui nuit beau- coup aux personnes. Pour ces raisons on choisi avec grand soin un lieu commode pour le théâtre, les dangers seront évités.

La raison veut que l’on fasse attention qu’il ne soit pas soumis au soleil de midi, quand le soleil du midi rempli son enceinte, l’air enfermé dedans ne peut plus sortir, cherchant à s’échapper de toutes parts il devient plus chaud de sorte qu’il cuit, brûle les acteurs et les dessèchent

Pour ces raisons et d’autres l’on pourrait dire à ce sujet il est requis d’éviter absolu-ment, les mauvaises parties du ciel et de choisir les bonnes. Si l’emplacement se trouve sur une montagne, les fondations seront plus faciles à faire. Si d’aventure on est contraint de l’édifier en un lieu plat ou marécageux pour avoir l’assurance de la solidité des fondations il faudra suivre la pratique que j’ai donné dans mon troisième livre ou j’ai parlé de la situation des temples.

Au dessus de ces fondations il faudra monter les gradins pour asseoir le Peuple, et de

les faire en pierre, ou en marbre, puis faire les paliers selon les proportions du théâtre et faire attention de ne pas faire les hauteurs des degrés plus hautes que les paliers qui auront la largeur pour servir de passage, si elles étaient plus grandes, les voix seraient poussées contre mont, et ne pourraient pas arriver distinctement aux oreilles de ceux qui seraient sur les plus haut gradins.

L’architecte doit construire de façon qu’une ligne ou une cordelette tendue depuis le premier gradin jusqu’au plus haut touche toutes les arêtes des siéges : de cette façon les voix ne trouveront rien qui les retiennent.

Il est nécessaire qu’il y ait plusieurs entrées et sorties assez spacieuses, de façon que celles du dessus de se rencontrent pas avec celles du dessous, que de tous les cotés les montées soient droites sans contournements ni détours afin que le peuple à la fin des spectacles ne soit pas pressé par trop de monde, qu’il y ait de toutes parts des échappatoires séparées sans nuisances des unes aux autres. En outre il faut voir que le lieu ne soit pas sourd de nature afin que les voix puissent clairement raisonner.

DE L ‘EDIFICATION DU THEATRE

Maintenant pour bien conduire l’édification du théâtre il faudra procéder de cette façon :

Le contour de son parterre devra être aussi grand que possible. Une fois que l’archit- tecte aura placé son centre une ligne de circonférence sera tracée au cordeau, à l’in-térieur de laquelle sont dessiné quatre triangles de même cotés et intervalles touchant la ligne de cette circonférence, comme font les astrologues avec les douze signes du zodiaque pour représenter l’harmonie céleste.

De ces triangles celui qui aura le coté le plus prés de la scène, dans la région ou il coupe la ligne de circonférence sera le front de cette scène, en passant par le centre il faudra tirer une ligne parallèle afin de faire la séparation du poulpitre avec l’orches-tre ou lieu propre à danser.

Ce faisant se poulpitre sera beaucoup plus grand que ne le sont ceux des grecs la raison veut que ce soit à cause des machinistes qui l’utilise pour préparer la décoration du spectacle.

Dans cet orchestre se trouve les siéges des sénateurs ou gouverneurs de la république il faut que de leur siéges ils puissent être à l’aise pour voir tous les actes et les jeux des acteurs.

Il faut tracer des passages pour le peuple de sorte, il faut que des angles des triangles touchant à la ligne de circonférence partent les escaliers pour monter jusqu’au premier palier.





Au dessus de ce premier ordre doit être faite l’allée aire ou palier pour monter au second. Quand au ouvertures situées sur ce plan elles seront au nombre de sept la ligne courbe de six d’entre eux sera étendu en ligne droite elle fera la largeur de la face de la scène, il faudra ôter celle du milieu. Pour en faire l’entrée principales et les entrées , il n’en restera que cinq dont deux et demi doubles tant à droite qu’a gauche qui conduiront aux espaces ou il faudra dresser les loges pour les étrangers. Les deux dernières seront aux extrémités de la ligne droite mènerons vers les voies com- munes de la scène et théâtre.

Chacun des gradins ou seront assis les gens pour voir les spectacles ne pourra pas avoir moins d’un pied quatre pouce de haut, ni plus d’un pied et six doigt, leur lar- geur ne doit pas dépasser deux pieds et demi ni moins de deux.

COUVERTURE DU PORTIQUE

La couverture du portique du théâtre doit être à la hauteur du haut de tous les gradins et dans l’alignement de la scène, et ceux afin que la voix montant à contre mont s’étende parmi la légèreté de l’air, qu’elle puisse également parvenir jusqu’au grad- ins les plus haut et en outre jusqu’au toit. Si il était placé placée plus bas elle se perdrait à partir de ce niveau. L’orchestre doit correspondre au niveau le plus bas des gradins, puis prenant un sixième de son diamètre, les gradins du bas seront taillés sur cette mesure, les extrémités restantes seront créées les aires par ou le public pourra aller et venir.

La longueur de la scène doit être deux fois plus grande que le diamètre de l’orchestre et le petit mur ou piédestal soutenant les colonnes doit être dans l’alignement du poulpitre comprenant sa corniche et sa cimaise, il doit avoir la hauteur du douzième de la partie droite de l’orchestre. Au dessus du piédestal sont posées les colonnes lesquelles entre leur base et chapiteaux auront le quart de ce diamètre ensuite les architraves et autres ornements le cinquième.

Le petit mur du second étage avec sa corniche et sa doulcine auront seulement la moitié de celles du dessous, et les colonnes qui seront dessus seront plus petites d’un quart des inférieures les architraves et autres ornements d’un cinquième.

Si l’on doit faire un troisième étage le piédestal n’aura que la moitié de celui du mil- ieu et les colonnes un quart plus petites que les moyennes, de même les architraves et ornement n’auront qu’un cinquième de cette hauteur. Toutefois je ne veux pas dire que dans tous les théâtres on doive observer les mêmes symétries, ainsi l’architecte peut décider les proportions qu’il doit suivre en fonction de la nature, du lieu et de la grandeur de l’ouvrage.

Il en est néanmoins qu’il est des choses que dans les théâtres grands ou petits il faut garder d’une même taille : les gradins, les paliers, les balustrades, les chemins, les escaliers, les estrades, les tribunes et autres choses semblables, pour ne pas rompre la commodité de l’ensemble.

Lorsqu’il manque des matériaux comme des pierres de taille du marbre dont on se sert pour l’ouvrage, ce n’est pas faire mal que d’en ajouter ou d’en enlever sans le faire inconsidérément mais avec bon sens et prudence. Cela pourra bien se faire selon son métier si l’architecte est inventif, vif d’esprit et pourvu de bon sens.

Les scènes doivent être disposées de sorte que sur leurs portes du milieu soient comme les palais royaux pour les princes et grands seigneurs, et à droite comme à gauche les portes des étrangers. Puis les espaces prévus pour les décorations du spectacle que les grecs appellent periactous là se trouve les engins sur pivot à trois faces qui tournent à volonté. Sur chaque machine il y a trois ornements différents qui produisent des changements de décor chaque fois que cela est nécessaire dans la représentation des fables, pour faire paraître des dieux avec la foudre et le tonnerre .

Devant la scène on doit faire des accès pour venir au spectacle du marché ou d’autres lieux extérieurs

DES TROIS SCENES OU ESPECES DE SCENES

Il y a trois sortes de scènes à savoir : Tragique, Comique et Satyrique dont les décors et maisons sont différents.

Ceux de la tragique s’enrichissent de colonnes, frontispice, statues et autres décors sentant leur royauté et seigneuries.


SCENE TRAGIQUE

Ceux de la comique représente des maisons d’hommes courants avec leurs fenêtres et ouvertures faites à la mode commune.



SCENE COMIQUE

La satyrique est ornée d’arbres, cavernes, montagnes, rivières, décors ruraux formées d’osier entrelacé comme les paniers et couvert dessus.



SCENE SATYRIQUE

Les théâtres des grecs ne se font pas de la même façon. Par terre il trace un rond comme les latins au lieu de quatre triangles il ya quatre carrés dont les angles tou- chent la ligne de circonférence et par le coté qui est le plus proche de la scène et qui fait une section dans le cercle détermine le proscenium qui est une allée ou un pas- sage entre assistants et acteurs.

On trace une autre ligne parallèle qui touche l’extrémité du cercle pour en faire le front de la scène, en passant par le centre de l’orchestra on trace une autre ligne par- allèle qui va couper le cercle à droite et à gauche de ces points on fait deux centres. Après avec le compas et le cordeau on fait à partir du centre du coté droit une ligne courbe depuis l’intervalle gauche jusqu’au coté droit du proscenium ensuite à partir du centre gauche on trace une courbe de l’intervalle droit jusqu’au coté gauche du proscenium. Avec ces trois centres les grecs ont leur orchestre plus large et une scène plus éloignée et leur poulpitre qu’ils appellent logeion moins avancé et plus étroit. C’est pourquoi chez eux il n’y a que les acteurs tragiques et comiques qui jouent sur la scène, les autres sont dans l’orchestre les un sont appelés scéniques les autres thymeliques c’est à dire attentif aux décorations du spectacle et jouent de la musique de harpes, violons, trompettes et toutes sortes d’instruments. La hauteur de ce logeion ou chaire à prêcher ne doit pas avoir moins de dix pieds ni plus de douze. Les portes pour monter étaient faites le long des premiers rangs de siéges au droit des angles des carrés jusqu’au premier palier au dessus duquel d’autres escaliers doivent monter entre les premiers pour aller jusqu’au dernier palier.





Au vu des figures pour connaître leurs différences celles dont les plans seront tracés par carrés appartiennent à la mode grecque, les autres tracés par triangles égaux seront latins. Celui qui suivra ces instructions fera des théâtres de façon parfaite .

DES PORTIQUES, GALERIES, PROMENOIRS

On doit toujours faire un portique derrière la scène afin que s’il vient à pleuvoir pen- dant le spectacle le peuple puisse se mettre à l’abris et que les danseurs est suffisam- ment de place pour répéter. Ces portiques sont fait comme ceux de Pompée ou d’Eu- menês à Athènes, ou comme le temple de Liber Pater autrement dit le dieu Bacchus, les gens qui sortirons du théâtre auront à gauche un odéon que fit bâtir Périclès avec des colonnes de pierres couvert de mats et de vergues des navires conquis sur les Perses. Cet odéon fut brûlé pendant la guerre de Mithridate, le roi Ariobarzanes en fit refaire un semblable à Smyrne et le nomma Strategeum signifiant lieu contenant les armes et les dépouilles des ennemis. A Tralles on remarque des portiques identiques à ceux des théâtres. Toutes les villes avaient de bons architectes. Aux environs des théâtres les portiques sont nécessaires et doivent être ordonnés comme s’ensuit à savoir qu’il est deux double rangée de colonnes celles de l’extérieur doriques avec leurs chapiteaux, architraves et autres ornement proportionnés selon les règles de cet ordre. La largeur des portiques sera telle que la distance de la partie extérieure des colonnes extérieures jusqu’à celles du milieu et la distance de celle du milieu jusqu’au mur d’enceinte soit égale à la hauteur des colonnes extérieures.

Il faut faire les colonnes du milieu d’ordre ionique ou corinthien et plus haute que les colonnes extérieure du quinzième. Ils ne faut pas qu’elles est les mêmes proportions que celles des temples qui doivent avoir plus de majesté que celles destinées aux portiques et ouvrages semblables.

Si l’on veut faire des colonnes d’ordre dorique il faut partager toute la hauteur chapi- teau compris en quinze parties dont une servira de module pour tout l’ordre, deux modules pour l’épaisseur de la colonne, cinq et demi à l’entrecolonnement et quator- ze à la colonne sans le chapiteau. La hauteur du chapiteau un module la largeur de deux et un sixième. Pour les autres particularités de l’ouvrage il faudra voir mon quatrième tome sur les maisons sacrés.

Si l’on veut faire des colonnes d’ordre ionique il faudra diviser la tige sans le chapi- teau ni la base en huit parties et demi pour en donner une à la grosseur de la colonne et une et demi à la base, les proportions du chapiteau seront celles indiquées au troi- sième livre.

Si les colonnes sont corinthiennes le fut et la base seront comme dans l’ordre ionique les chapiteaux d’après les règles prescrites au quatrième livre. L’enrichissement du piédestal se fera par moulures saillantes comme je l’ai décrite dans le troisième livre.

Pour les architraves, corniches et autres parties des colonnes il faut suivre les règles que j’ai donné dans mes livres précédents.



Il me semble que les espaces découverts des portiques exposé à l’air doivent être planté de beaux arbres, de telles promenades sont grandement salutaire, spécialement à la santé des yeux, l’air est rendu plus subtil par le mouvement des branches et des feuilles, il entre dans nos corps par les pores ouverts, en s’agitant il purge et nettoie notre nature en ôtant les odeurs il les rend plus subtile et douces. Ensuite en circulant l’air s’échauffe

Enlève les odeurs et dissipe tout ce qui est superflu et que le corps ne peut supporter.

Chose qui se prouve pour cette raison : à savoir qu’il y a des fontaines à l’abri de toi- tures ou bien quelques dégorgement de marais sous terre, il n’y a point d’évaporation C’est tout le contraire dans les lieux ouverts et aérés lorsque le soleil commence à briller il excite et fait sortir l’humidité de ces endroits puis les attire en haut en nuages. En considérant que de la même façon les odeurs sont sorties de nos corps par l’attraction de l’air particulièrement dans les lieux découverts de même que dans la terre. Je pense que personne ne peut me contrarier sur cette chose et il n’y a pas de doute qu’il n’est nécessaire d’avoir dans les villes de telles promenades amples et bien ornées de verdure.

Si on veut les tenir secs et non fangeux il faut procéder de cette façon: Il faut creuser

de part et d’autre des promenoirs des tranchées les plus profondes que l’on pourra, r recouverte de bonne et forte terre. Après dans les promenoirs il faut mettre des canaux et égouts en pente vers les tranchées, ceci terminé remplir de charbon. Une fois la terre bien aplanie afin qu’elle soit agréable pour se promener jeter du sable par dessus, l’ouvrage s’en portera très bien.

Grâce aux propriétés du charbon qui sont rares et subtiles, grâce aux canaux se ver- sant dans les tranchés les eaux arrivées en abondance seront toujours recueillies, les promenoirs se trouveront secs et sans odeurs.

L’avantage que nos prédécesseurs ont toujours mis dans ces lieux garnis d’arbres, c’est de l’espoir pour une ville en période difficile: quand on est assiégé, les provis- ions sont facile à faire : le stock de bois, le sel avant le siége, pour les grains il s’en fait des tas beaucoup plus facilement tant pour les greniers publics que pour les par- ticuliers, et si il en manque on combat la famine avec des viandes, herbes et légumes en attendant que le siége soit levé.

Si le manque d’eau survient le peuples creuse des puis dans la terre ou la conserve dans des citernes celle qui vient des pluies ou orages. La provision de bois est néces- saire pour faire cuire les viandes, comme l’on peut pas en apporter autant que pos- sible, comme on en brûle beaucoup plus que des autres fournitures, lorsque ce sera nécessaire on abattra les arbres des promenoirs ce qui permettra de donner du bois à chaque famille selon ses besoins.

Je dis que ces promenoirs on deux utilités belles et singulières santé en temps de paix et secours en temps de guerre.

Je peux conclure que de tels bâtiments peuvent être utiles aux villes non seulement si ils sont établis derrière les scènes des théâtres mais aussi prés des temples et maisons sacrées.